La quasi-totalité des laboratoires numériques français travaillent sur exocad ou sur 3Shape Dental System. Les deux sont des logiciels de conception dentaire aboutis, avec des bibliothèques de composants implantaires étendues et des flux de travail éprouvés. Choisir l’un ou l’autre relève largement de l’habitude et de la formation de l’équipe.
Cuspide utilise les deux, et y ajoute un troisième outil que presque personne ne revendique en France : Blender Dental.
Pourquoi deux logiciels de CAO dentaire plutôt qu’un
exocad et 3Shape ne sont pas équivalents sur tous les travaux. Leurs bibliothèques implantaires ne couvrent pas exactement les mêmes références, leurs modules de conception d’armature n’abordent pas la question des connexions de la même manière, et l’un ou l’autre s’avère parfois plus direct sur un cas donné.
Un laboratoire mono-logiciel adapte le cas à son outil. Un laboratoire qui dispose des deux choisit l’outil en fonction du cas. Sur un travail courant, la différence est invisible. Sur un full-arch avec une connectique peu répandue, elle décide du temps passé — et donc de la qualité de ce qui est rendu dans le délai annoncé.
Cette double implantation a un corollaire pour le cabinet : les fichiers natifs issus de l’un ou l’autre écosystème sont exploitables sans conversion intermédiaire, et une conversion évitée est une perte de précision évitée.
Ce que Blender Dental apporte
Blender est un logiciel de modélisation 3D généraliste, libre, utilisé au cinéma et dans l’industrie. Blender Dental en est la déclinaison dentaire : un ensemble d’outils spécialisés greffés sur un moteur de modélisation qui n’a pas été conçu pour la prothèse — et c’est précisément ce qui en fait l’intérêt.
Un logiciel de CAO dentaire raisonne par types de travaux : couronne, inlay-core, bridge, châssis. Chaque type — couronne zircone, châssis — dispose de son assistant, de ses paramètres, de ses contrôles. C’est ce qui rend ces outils rapides et sûrs sur le travail attendu. C’est aussi ce qui les rend rigides quand le cas ne rentre dans aucune case.
Blender ne raisonne pas par types. Il manipule de la géométrie, librement. Concrètement, cela permet de traiter les situations où le flux standard s’arrête : une reconstruction qui doit composer avec une anatomie très éloignée de la normale, une pièce dont la forme ne correspond à aucun modèle de la bibliothèque, un travail de conception esthétique qui demande un contrôle manuel du volume plutôt qu’un paramétrage.
Ce n’est pas un outil de production courante, et il ne remplace ni exocad ni 3Shape. C’est ce qui permet de ne pas répondre « ce n’est pas faisable » sur les dossiers où les autres s’arrêtent.
Une chaîne complète, de la conception à l’usinage
La conception ne vaut que par ce qui la suit. Cuspide dispose en interne de l’ensemble des moyens de production d’une prothèse numérique : fraiseuses, usineuses, imprimantes 3D et les équipements de finition associés.
L’intérêt d’une chaîne intégrée n’est pas théorique. Quand la conception et l’usinage sont sous le même toit, un ajustement de dernière minute sur un fichier ne relance pas un cycle de sous-traitance. C’est une des conditions qui rendent tenable un délai standard de sept jours en fabrication française.
Ce que cela change pour un cabinet
Rien, dans le fonctionnement quotidien : le praticien envoie son fichier, il reçoit sa pièce. L’outillage du laboratoire ne devrait jamais être son problème.
La différence apparaît sur les dossiers difficiles — ceux qu’un laboratoire renvoie, ou qu’il rend en ayant simplifié le cas. Un cabinet ne choisit pas son laboratoire sur les couronnes unitaires : il le choisit sur ce qui se passe quand le dossier sort de l’ordinaire.
















































